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Dossier

L’Arabie saoudite est un acteur majeur de la lutte contre le terrorisme

Introduction

Le terrorisme est un défi sans précèdent pour la communauté internationale, et la menace terroriste à laquelle est directement confrontée l’Arabie saoudite est réelle. Berceau de l’Islam et gardien des deux Saintes Mosquées, l’Arabie saoudite est une cible stratégique des extrémistes religieux. Le Royaume est la cible d’une menace multiforme venant de toutes parts : Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), Daech au nord et des groupuscules clandestins d’Al-Qaïda et de Daech au sein même de son territoire.

Face à une menace réelle et croissante, l’Arabie saoudite s’est depuis longtemps mise en ordre de marche

Ceux qui accusent l’Arabie saoudite de soutenir le terrorisme oublient généralement qu’elle en est l’une des premières victimes. Ne serait-ce que pendant les deux dernières années, 26 attaques ont été recensées sur son territoire sans compter les nombreux complots qui ont été déjoués. Plus de 2800 suspects ont été arrêtés depuis 2015. Mais la menace n’est pas récente, en novembre 1979, un groupe de 200 terroristes a pris le contrôle de la Grande mosquée de La Mecque. Après 14 jours d’occupation, l’assaut a finalement été donné, provoquant la mort de 333 personnes, un lourd traumatisme pour le pays. Depuis des attaques ont régulièrement lieu, faisant parfois de très nombreuses victimes. Ainsi au début des années 2000,  la capitale saoudienne a été visée par des attentats-suicides simultanés dans trois zones résidentielles, tuant plus de 30 personnes aux nationalités diverses.

D’autres attaques ont suivi, visant à déstabiliser le royaume et notamment à faire fuir les expatriés. Plus récemment, en 2015, les militants de Daech ont frappé quatre mosquées à Dammam, Qatif, Abha et Najran, faisant 38 morts et 148 blessés.

Les raisons de cette menace ? En tant que gardien des Lieux Saints, l’Arabie saoudite est un symbole fort pour les musulmans. En s’attaquant à ce symbole et en tentant d’affaiblir sa légitimité, Daech cherche à gagner en influence. Pour cela il use d’arguments divers.

Déjà, l’Etat islamique met en avant le fait que la famille Saoud ne descend pas directement du Prophète et que la Mecque et Médine doivent donc légitimement être intégrées à son Califat.

Ensuite, l’Arabie saoudite, en se rapprochant des Etats-Unis et en accueillant notamment des bases militaires américaines sur son territoire, est considérée comme un traître qui collabore avec l’Occident. Enfin, pour Daech, le Royaume est coupable d’avoir formé une coalition de 34 pays musulmans qui aurait dû, selon Abou Bakr al-Baghdadi,  « calife » autoproclamé de Daech, s’émanciper “de ses seigneurs juifs et croisés et aurait [dû faire] de la mort des juifs et de la libération de la Palestine son objectif« . C’est ainsi que le 13 novembre 2014 ce dernier a appelé dans un message audio à « allumer les volcans du djihad en Arabie saoudite ».

Face à cette menace réelle, croissante et multiforme, l’Arabie saoudite a depuis longtemps réagi en prenant des mesures contre le terrorisme et ses racines extrémistes. Mesures qu’elle n’a cessé de renforcer ces dernières années pour répondre notamment à l’influence grandissante de Daech.

Convaincu que la lutte contre le terrorisme exige des politiques appropriées, des efforts gouvernementaux concertés et une coopération internationale, le Royaume utilise tous les outils dont il dispose : action militaire pour contrer l’expansion des organisations terroristes, stratégies innovantes visant à renverser l’idéologie, la théologie et les messages des organisations terroristes, etc. Outre les mesures classiques de sécurité, de formation et de coordination, y compris avec la signature d’une convention de coopération avec la France, le pays a aussi pris des mesures pour contrôler les mouvements financiers et endiguer les mouvements suspects. Enfin, une « guerre des idées » est aussi menée, cherchant à lutter contre le sectarisme et les idéologies extrémistes.

Aujourd’hui, elle assume les rôles de leader régional et de partenaire mondial engagé dans de nombreuses actions de contre-terrorisme multilatérales concentrées autour de trois axes majeurs : une politique de sécurité renforcée, des mesures agressives contre le financement du terrorisme et différents dispositifs pour attaquer l’extrémisme à  ses racines psychologiques et idéologiques.

 

Rencontre entre Donald Trump et le Roi Salman, Sommet à Riyad mai 2017 – Source : Wikipedia

Les actions sur le plan militaire et de sécurité

L’Arabie saoudite en a pleinement conscience, la situation internationale actuelle exige une coopération étroite et constante entre les nations alliées contre le terrorisme. Rex Tillerson, Secrétaire d’Etat américain a notamment rappelé en mars 2017 que « les efforts pour vaincre Daech sur le champ de bataille, mais également en dehors et aux quatre coins du monde, font l’unanimité. » C’est ainsi que plusieurs initiatives ont été engagées ces dernières années entre différents Etats, au premier rang desquels figure l’Arabie saoudite.

En septembre 2011, l’Arabie saoudite a signé un accord avec les Nations Unies afin de créer le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (« United Nations Counter Terrorism Center », UNCCT) et a fait don de 10 millions de dollars pour sa création. L’initiative a été lancée en 2005 lors de la « Conférence internationale contre le terrorisme » organisée par le défunt roi Abdullah à Riyad, en Arabie saoudite. En 2014, le roi Abdullah a fait don au Centre de 100 millions de dollars afin de renforcer ses capacités et son efficacité. À ce jour, l’UNCCT a entrepris plus de 30 projets civils de lutte contre le terrorisme dans le monde entier, aux niveaux international, national et régional.

En collaboration avec le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité, le programme financé par l’Arabie saoudite a lancé deux initiatives : l’une visant les combattants terroristes étrangers en Syrie et en Irak afin d’empêcher leur radicalisation et leur recrutement par les groupes terroristes, l’autre visant à recueillir des renseignements personnels sur les voyageurs aériens lorsqu’ils réservent leurs vols, afin d’empêcher tout terroriste d’embarquer dans un avion.

En septembre 2014, l’Arabie saoudite a également adhéré à la Coalition mondiale de 68 nations pour lutter contre Daech. Le 21 février 2017, le ministre des Affaires étrangères Adel bin Ahmed Al-Jubeir déclarait à un journal allemand que le royaume était « prêt à envoyer des troupes au sol » pour combattre Daech en Syrie. En mars 2017, le Royaume a effectué plus de 340 sorties en soutien aux bombardements de la coalition en Syrie en mars 2017, le deuxième plus grand nombre après les Etats-Unis.

Par ailleurs, en décembre 2015, l’Arabie saoudite a créé une alliance militaire islamique multinationale antiterroriste rassemblant 34 pays du Golfe, du Moyen-Orient et d’Afrique dont l’objectif est de coordonner les efforts militaires, d’échanger des informations et de former le personnel de l’Alliance dans un centre d’opérations conjoint basé à Riyad. Cette Alliance compte aujourd’hui 41 nations.

Dans le cadre de ces alliances ont lieu également des transferts de technologie militaire mais aussi des formations de l’armée et des forces spéciales par les militaires américains et britanniques, ainsi que des opérations de recherche et développement dans le domaine de la sécurité entre les instituts scientifiques saoudiens et leurs homologues internationaux.

Ainsi, en mars 2016, les forces spéciales ont participé à un exercice antiterroriste appelé « Tonnerre du Nord » regroupant 20 pays. L’exercice de trois semaines s’est déroulé le long de la frontière entre l’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït, et mettait en œuvre des techniques de guerre conventionnelles et non conventionnelles dans le cadre d’une stratégie plus large, visant à développer une alliance antiterroriste des nations islamiques au Moyen-Orient.

Autre exemple de cette coopération, mi-2016, le bureau d’Interpol saoudien a annoncé son intention de mettre en relation certaines sections internes de ses bases de données avec le Secrétariat général d’Interpol basé à Lyon, en France, afin d’assurer une méthode d’investigation plus efficace.

 

Les actions contre le financement

Convaincu que le financement illégal permet aux réseaux terroristes de prospérer, l’Arabie saoudite travaille en étroite collaboration avec ses alliés sur tous les fronts pour barrer l’accès des groupes terroristes aux réseaux financiers. Sur son territoire, le Royaume a mis en place toute une série de dispositifs et de sanctions permettant de lutter contre le financement du terrorisme, parmi lesquels le signalement des transactions bancaires importantes et/ou suspectes, la protection des signalements, la pénalisation officielle du financement du terrorisme, la création d’institutions dédiées à la mise en oeuvre des différentes mesures, etc.

Au niveau international, l’Arabie saoudite a également mis en place depuis longtemps des accords pour empêcher le soutien financier aux terroristes.

En 2007, le royaume a ratifié la Convention internationale pour la suppression du financement du terrorisme (adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1999).

Plus récemment, depuis 2015, l’Arabie saoudite co-préside le Groupe de lutte contre le financement de Daech (« Counter-ISIL Finance Group », CIFG), aux côtés des États-Unis et de l’Italie. Le CIFG a été créé pour couper les sources de revenu de Daech et mettre à mal sa capacité à se déplacer et à utiliser des fonds.

Grâce à leur coopération bilatérale, en mars  2016, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont pu démanteler les réseaux de collecte de fonds et de soutien de plusieurs groupes terroristes en imposant des sanctions contre plusieurs personnes et organisations ayant des liens au Moyen-Orient, au Pakistan et en Afghanistan. Ceci faisait suite au signalement en 2015 de 17 personnes identifiées comme étant des cadres et intermédiaires financiers de Daech.

Par ailleurs, pendant le Sommet Arabe Islamique Américain qui s’est tenu à Riyad en Mai 2017, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ont annoncé la création d’un Centre contre le financement du terrorisme (Terrorist Financing Targeting Center, TFTC). Ce Centre réunira six pays du Golfe et aura pour objectif de partager des informations sur les réseaux de financement des groupes comme Daech ou Al-Qaïda ainsi que les « menaces » émanant, selon Washington, de l’Iran et du régime syrien. Steven Mnuchin, Secrétaire américain au Trésor, a précisé dans un communiqué de presse que le TFTC « améliorera des outils existants et la coopération avec [les] partenaires dans le Golfe afin de s’attaquer efficacement aux nouvelles menaces ».

 

Les actions contre l’idéologie

Attaquer l’extrémisme à ses racines psychologiques et idéologiques est un élément crucial de la stratégie saoudienne pour vaincre le terrorisme. Depuis les campagnes de sensibilisation du public jusqu’à la création de programmes de lutte contre la radicalisation et de réhabilitation, la « guerre des idées » de l’Arabie saoudite œuvre à inculquer les concepts de modération et de tolérance et à rejeter toutes les justifications intellectuelles et religieuses à l’extrémisme et au terrorisme.

Ces mesures incluent, entre autres, des comités consultatifs et des conférences menés par le Centre du roi Abdulaziz pour le dialogue national (KACND), basé à Riyad, et le Centre international du roi Abdullah pour le dialogue interreligieux et interculturel (KAICIID), ainsi que la campagne Tranquillité (« Sakinah »), menée par une ONG indépendante avec le soutien du ministère des Affaires islamiques.

Le Royaume compte aussi sur l’influence des autorités religieuses du pays. L’Arabie saoudite peut faire appel à un certain nombre de cheikhs pour dénoncer la barbarie de l’EI. Depuis cet été, le grand mufti d’Arabie saoudite, plus haute autorité religieuse du pays, le cheikh Abdel Aziz al-Cheikh, n’a cessé de désigner Daech comme « ennemi public numéro 1 de l’Islam ».

A contrario, les imams qui prêchent l’intolérance ou la haine sont révoqués, sanctionnés ou réorientés. Jusqu’à maintenant, le ministère des Affaires islamiques a révoqué plus de 400 imams.

La tenue à Jeddah de la 19è conférence internationale sur les processus de radicalisation et de déradicalisation en janvier 2017 est également un symbole fort de la lutte de l’Arabie saoudite contre l’idéologie véhiculée par les organisations terroristes.

Enfin, l’Arabie saoudite se démarque grâce à la création d’un centre de déradicalisation (le centre Mohammed bin Nayef) où d’anciens détenus pour activités terroristes suivent une « cure de désintoxication de l’Islam radical » via des méthodes douces : séances de dialogues, cours de natation, art thérapie, etc.

Pris en charge par une équipe de spécialistes (médecins, psychologues, thérapeutes et sociologues) formés dans les meilleures universités, c’est plus de 6000 ex-détenus qui sont traités dans ce Centre depuis son ouverture en 2005.

Le sport fait partie des moyens utilisés pour la déradicalisation – Source : Pixabay

Le directeur du Centre, le général Nassel Al-Motairi, affirme que le  taux de succès du Centre – c’est-à-dire de réinsertion non-violente dans la société saoudienne – est de l’ordre de 85 %. Il souligne que « les progrès ont été réguliers depuis sa mise en place en 2007, quand nous avons reçu un premier contingent de 123 Saoudiens de Guantánamo. Il s’agissait des plus extrémistes d’Al-Qaïda. 80 d’entre eux ont été réhabilités. Ils mènent désormais une existence familiale et professionnelle normale dans différentes régions du Royaume ».

Bien sûr il s’agit d’une première initiative et elle n’est pas parfaite. Certaines des personnes accueillies réussissent à prendre la fuite et d’autres rejoignent, à leur sortie, les rangs d’organisations terroristes. C’est le cas par exemple de Saïd al-Chehri, un ancien détenu de Guatanamo qui est ressorti du centre pour aller s’engager comme numéro 2 d’AQPA au Yemen.

Cependant, le général Mansour Al-Turki, porte-parole du ministère de l’Intérieur saoudien, rappelle : «On a gagné en expérience au fur et à mesure et on continue à faire évoluer le programme. L’ambition de départ n’est pas de retourner les cerveaux. Il faut qu’ils prennent conscience qu’ils ont été manipulés. En corrigeant les idées qui imprègnent les terroristes, on les ramène progressivement vers la raison religieuse.»

Ce projet pilote est unique et peut être source d’inspiration pour développer d’autres Centres à travers le monde.

L’Arabie saoudite multiplie donc les initiatives pour lutter contre le terrorisme afin de protéger son territoire, la région du Golfe, mais aussi l’ensemble des autres pays du monde. Cet investissement a été largement souligné par le rapport annuel sur le terrorisme du Département d’Etat américain qui a reconnu que « le gouvernement d’Arabie saoudite poursuit et développe ses actions dans la lutte contre le terrorisme et les idéologies extrémistes violentes ».

 

 Sources :