Arabie Saoudite Info

Le premier site officiel de fact checking sur l'Arabie Saoudite

Dossier

L’Arabie saoudite possède un important patrimoine culturel

Introduction

Dans les domaines du patrimoine et de la culture, l’Arabie saoudite souffre de nombreux préjugés qui voudraient que ce vaste pays situé au cœur de la péninsule arabique ne possède ni d’identité collective partagée, ni de traditions, ni de réel patrimoine culturel à l’exception du religieux. Il est par ailleurs régulièrement avancé que les autorités saoudiennes n’ont aucun engagement en faveur de la culture et du patrimoine. Une revue rapide et exhaustive du sujet démontre pourtant tout le contraire.

 

Vestiges des Nabatéens à Madain Saleh, dans le nord de l’Arabie saoudite – Source : Reuters.

L’Arabie saoudite est principalement connue pour son exceptionnel patrimoine religieux

L’Arabie saoudite est connue à travers le monde entier pour être la gardienne des deux lieux les plus saints de l’Islam : la Mosquée sacrée (al-Masjid al-Harâm) de la Mecque, qui abrite notamment la Kaaba vers laquelle tous les musulmans se tournent pour prier, et la Mosquée du Prophète (Al-Masjid Al-Nabawi) de Médine, second lieu saint de l’Islam.

Le pèlerinage de la Mecque (appelé oumra ou umra en arabe) est un grand événement dans la vie de nombreux croyants, qui convergent pour l’occasion vers l’Arabie saoudite,  depuis tous les continents. Le nombre de visiteurs étrangers a ainsi triplé au cours de la dernière décennie, atteignant les 8 millions en 2015.

Consciente de l’importance que représente ce patrimoine culturel et religieux pour des millions de musulmans à travers le monde, l’Arabie saoudite a décidé d’augmenter sa capacité d’accueil pour le pèlerinage de la Mecque de 8 à 15 millions visiteurs par an d’ici 2020, pour atteindre le chiffre de 30 millions dans les années suivantes. Un défi sur le plan culturel, économique et touristique, qui va donc bien au-delà de la dimension religieuse.

 

L’Arabie saoudite a pour objectif de permettre au plus grand nombre d’effectuer ce pèlerinage dans les meilleures conditions. Pour y parvenir, le pays va notamment :

  •  Améliorer les procédures de demande de visa, pour allonger  leur durée et aller vers une automatisation toujours plus importante.
  •  Intégrer des services électroniques pour mieux accompagner les pèlerins dans leur voyage, nouveau moyen d’enrichir leur expérience religieuse et culturelle.
  •  Améliorer l’offre d’hébergement et de services pour les pèlerins, en mobilisant les secteurs public et privé sur cet enjeu.

 

Parallèlement à cet aspect le plus connu de son patrimoine religieux, l’Arabie saoudite s’efforce de développer d’autres lieux d’échange et de culture pour mieux faire connaître l’Islam, son histoire et ses traditions.

Le Royaume va notamment construire le plus grand musée consacré à l’Islam au monde, équipé selon les normes les plus hautes et doté des technologies les plus récentes en matière de présentation, préservation, collecte et documentation. L’objectif étant d’en faire un lieu culturel de premier plan, reconnu dans le monde entier, où citoyens saoudiens, visiteurs et touristes pourront découvrir l’histoire de l’Islam, en profitant d’une expérience inédite et interactive. À l’aide des dernières technologies, les visiteurs de ce Musée effectueront un voyage immersif à travers les différents âges de la civilisation islamique, centré sur son patrimoine scientifique et culturel.  Lieu de partage et d’échange, le Musée comprendra également une bibliothèque et un centre de recherche de classe mondiale.

Au-delà de son patrimoine religieux, l’Arabie saoudite est engagée dans la défense du patrimoine historique et culturel aux côtés de l’UNESCO notamment

La Plan Vision 2030, qui vise à moderniser et diversifier l’économie saoudienne, a également pour ambition de mieux préserver et mettre en valeur le patrimoine culturel du Royaume tout entier. Le prince héritier Mohammed bin Salman a souligné l’importance de faire augmenter le nombre de sites saoudiens classés au patrimoine mondial de l’UNESCO – le pays en compte pour le moment quatre. Une volonté qui passe par la mise en place d’une plus étroite collaboration avec des acteurs internationaux comme l’UNESCO justement.

En juillet 2016, le représentant de l’Arabie saoudite auprès de l’UNESCO, le Dr. Ziyad Aldreiss, a ainsi déclaré que l’organisme mondial était prêt à coopérer avec le Royaume pour le voir atteindre les objectifs du Plan Vision 2030 dans ce domaine.

La directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a personnellement salué la volonté de l’Arabie saoudite de mieux préserver et mettre en valeur son patrimoine culturel, en précisant que l’organisme dont elle a la charge était prêt à soutenir les actions du Royaume, notamment sur toutes les questions liées à l’éducation, à la culture et au patrimoine humain.

Depuis plusieurs années, la Commission Saoudienne pour le Tourisme et les Antiquités (The Saudi Commission for Tourism and Antiquities) travaille sur le recensement et la reconnaissance de nouveaux sites qui pourraient potentiellement rejoindre la liste de ceux déjà classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Actuellement, 4 sites saoudiens sont donc classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Parmi eux, le site de Madain Saleh est sans doute le plus connu : situé au nord-ouest du Royaume, il abrite les vestiges de la cité nabatéenne d’Hégra (ou al-Hijr) sur plusieurs centaines d’hectares de zone désertique. Aussi appelé site archéologique de Al-Hijr par les services de l’UNESCO, c’est le premier site du pays à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial, en 2008. Le District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah qui fut la première capitale de la dynastie saoudienne, la vieille ville historique de Djeddah à proximité de La Mecque et les traces d’art rupestre dans la région de Hail sont les 3 autres sites inscrits.

 

at-Turaif - ad-Dir’iyah
Le District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah qui fut la première capitale de la dynastie saoudienne

Le roi Salman bin Abdulaziz a récemment mis en place des commissions pour rénover et développer deux de ces lieux historiques : la ville d’Al-Ola qui abrite Madain Saleh et la porte de Diriyah qui comprend également le District d’at-Turaif. Des installations touristiques seront également construites à l’entrée de la région pour attirer les visiteurs.

Les commissions, dirigées par le Prince héritier Mohammed bin Salman, sont conformes au plan Vision 2030 du Royaume, qui a notamment pour objectif d’attirer un million de touristes chaque année en mettant en place une infrastructure adéquate pour faire croître l’industrie touristique du pays.

Dix autres sites saoudiens font également partie d’une liste indicative, inventaire des sites et monuments que chaque Etat a l’intention de proposer pour inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’objectif du Plan Vision 2030 étant au minimum de doubler le nombre de sites saoudiens officiellement enregistrés sur cette liste, afin d’offrir une nouvelle exposition aux trésors du Royaume tout en luttant pour leur préservation.

C’est dans la même optique, celle de mieux mettre en valeur le patrimoine historique du pays, qu’a été organisée l’exposition archéologique saoudienne « Routes d’Arabie : Trésors archéologiques d’Arabie saoudite » en décembre 2016, en partenariat avec la Chine. L’idée de cette exposition itinérante, prenant place dans un certain nombre de musées de renom en Europe et aux États-Unis, est de faire connaître la culture et le patrimoine saoudiens au reste du monde, en soulignant l’importance particulière des antiquités dans l’histoire du Royaume. L’exposition présente plus de 320 chefs-d’œuvre archéologiques qui couvrent de nombreuses époques historiques, de l’âge de pierre jusqu’à la période de la Renaissance saoudienne.

 

L’Arabie saoudite préserve et met aussi en valeur depuis de longues années son patrimoine immatériel : traditions orales, arts du spectacle, événements festifs, rituels, savoir-faire et artisanat

Depuis de nombreuses années, l’Arabie saoudite s’est engagée pour préserver et mettre en valeur son patrimoine immatériel, aussi riche que divers. Plusieurs grands événements de renom témoignent de cette volonté politique.

Il faut probablement d’abord évoquer le « Janadriyah Heritage and Cultural Festival », un des événements culturels majeurs parmi ceux qui se tiennent tous les ans dans la région de Riyad : c’est en effet le plus ancien et le plus traditionnel de tous les festivals du Royaume, accueillant près de 68 000 visiteurs étrangers chaque année. Généralement organisé la deuxième moitié de février, cet événement est considéré comme le festival national qui met à l’honneur le patrimoine et la culture de l’Arabie saoudite, à Janadriyah, non loin de la capitale. L’événement est ainsi diffusé en direct à la télévision et dure deux semaines, attirant en moyenne plus d’un million de citoyens saoudiens.

Le « Janadriyah Heritage and Cultural Festival » organisé par la garde nationale, sous le patronage du Prince Héritier, joue également un rôle crucial dans la préservation du patrimoine national saoudien. Il débute par une course traditionnelle de chameaux et vise à embrasser tous les aspects de la tradition et de la culture saoudiennes : courses de chameaux et courses hippiques donc, mais aussi danses d’épées, poésie et musique, tissage de tapis et de costumes traditionnels, poterie ou encore cuisine.

Le festival se caractérise également par les performances produites en matière de  musique traditionnelle, par des musiciens venus du monde entier. Les danses traditionnelles saoudiennes pratiquées par des troupes folkloriques, dont l’Ardah, sont également à l’honneur.

Au-delà des événements comme le « Janadriyah Heritage and Cultural Festival », l’Arabie saoudite a lancé d’autres initiatives plus « durables » pour la préservation de son patrimoine culturel, comme par exemple à Al-Ahsa, ville créative en matière d’artisanat et d’arts populaires, qui fait d’ailleurs partie du Réseau des villes créatives de l’UNESCO.

Située au sud-est du Royaume, Al-Ahsa est l’une des plus grandes oasis au monde, avec une superficie de 379 kilomètres et une population de 1,3 million d’habitants. La ville possède une tradition très ancienne dans le domaine de l’artisanat, dont les pratiques à la fois culturelles et sociales se sont transmises de génération en génération. Une cinquantaine de formes différentes d’artisanat et d’art populaire ont ainsi traversé l’histoire de la ville et continuent de témoigner de la richesse pittoresque d’Al-Ahsa (fabrication de textiles à partir de palmiers, poterie, tissage ou menuiserie). L’artisanat et l’art populaire apportent une contribution considérable au développement économique de la ville. L’ouverture de 36 marchés hebdomadaires et l’augmentation croissante du nombre de visiteurs lors des festivals culturels locaux soulignent ce développement.

Pour poursuivre en ce sens, les autorités du Royaume et de la ville d’Al-Ahsa ont mis en place un Projet national pour les artisans et l’artisanat ainsi qu’un Fonds de développement des ressources humaines visant à revitaliser le secteur de l’artisanat et des arts populaires. Ce projet comprend un volet social, placée sous la direction du Centre de développement social d’Al-Ahsa, qui met l’accent sur le renforcement des capacités et la création d’emplois pour les jeunes femmes et les hommes. Plus de 450 personnes ont déjà été formées à ce titre.

La valorisation du patrimoine immatériel de l’Arabie saoudite s’effectue également à l’international : en février 2017, le Royaume participait pour la troisième année consécutive au Festival du folklore et du patrimoine du village héritier Sheikh Sabah Al-Ahmad, au Koweït. Ce festival régional accueille des pavillons de tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe (GCC).

Plusieurs artisans traditionnels saoudiens et des membres de la Commission saoudienne pour le tourisme et le patrimoine sont venus exposer et témoigner de la richesse culturelle du pays au coeur d’un pavillon spécialement créé pour l’occasion. Le pavillon saoudien comprenait notamment des objets d’artisanat, des jeux folkloriques, des sculptures sur bois et troncs d’arbres, des dessins de portes, des peintures traditionnelles et de la décoration sur argile. Une galerie photo présentant le patrimoine culturel, touristique et antique du Royaume était également présente, notamment pour mettre à l’honneur les sites saoudiens classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Plan Vision 2030 a également des objectifs ambitieux pour le patrimoine et la culture en Arabie saoudite

Lancé en janvier 2016 par le prince héritier Mohammed bin Salman, le plan Vision 2030 vise clairement à mieux préserver et consolider l’exceptionnel patrimoine culturel et religieux du pays pour renforcer l’identité collective du Royaume, mais aussi pour accélérer le développement global du tourisme.

Pour les nouvelles autorités saoudiennes, la mise en valeur de l’héritage culturel saoudien doit permettre de donner un référentiel solide aux générations futures et offrir à l’Arabie saoudite une vitrine supplémentaire à l’international.

Pour ce faire, le Plan Vision 2030 va agir concrètement dans les directions suivantes :

  •  Promotion de la langue et de la culture arabe, ainsi que des lieux saints.
  •  Restauration des sites culturels et historiques, pour ensuite favoriser leur inscription au patrimoine mondial.
  •  Soutien et préservation du patrimoine folklorique et de l’artisanat saoudien, avec la création d’événements et de musées dédiés.
  •  Développement du tourisme culturel à travers tout le Royaume.

C’est dans la même optique qu’a été lancée une grande campagne en faveur du patrimoine national et du développement culturel (Saudi National Heritage & Cultural Development Campaign) avec le soutien des autorités gouvernementales saoudiennes, à partir du constat suivant : l’Arabie saoudite moderne est le fruit d’une longue histoire et d’un héritage culturel profondément ancré, particulièrement liés aux différentes civilisations islamiques qui se sont développées dans la péninsule arabique.

Cette campagne vise donc à mettre en évidence l’importance du patrimoine historique et culturel dans l’identité de l’Arabie saoudite aujourd’hui. L’accent est ainsi mis sur l’importance de la préservation des trésors archéologiques et patrimoniaux du Royaume, qui doivent être mieux mis en valeur pour devenir des éléments de fierté nationale.

Là aussi, cela se caractérise par la mise en place d’une série de mesures concrètes :

  • le patronage de l’exposition « Les chefs d’oeuvre archéologiques saoudiens à travers les âges » (Saudi Archeological Masterpieces through the Ages).
  • L’inscription et la préservation des antiquités islamiques dans les villes saintes de la Mecque et Médine, après délivrance de l’approbation royale.
  • Les dernières directives du Prince Sultan bin Abdul Aziz concernant l’interdiction de la démolition ou de l’enlèvement de bâtiments relevant du patrimoine national.
  • Les directives du Prince Naif bin Abdul Aziz Prince, interdisant les travaux d’excavation adjacents aux sites archéologiques ou aux bâtiments relevant du patrimoine national.

Le groupe saoudien Aramco, géant de l’industrie pétrolière, s’inscrit lui aussi dans cette logique de défense du patrimoine et et de la culture, en développant le projet du King Abdulaziz Center for World Culture. Ce dernier abritera un musée des arts de l’Islam, un théâtre, un cinéma mais comprendra aussi la création d’un incubateur pour développer les projets innovants autour de la technologie, les sciences et les arts. Comme tous les autres, ce type d’investissement doit permettre de mieux mettre en valeur la culture saoudienne, à tous les niveaux.

Cet engagement global en faveur de la préservation du patrimoine et du développement de l’offre culturelle est une volonté du gouvernement saoudien, qui souhaite ainsi renforcer l’identité collective nationale autour d’un projet de société du savoir. Ce dynamisme s’inscrit également dans la logique d’ouverture du Royaume au tourisme, notamment étranger.

 

Sources :