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Dossier

Le secteur du divertissement est en plein développement en Arabie saoudite

Introduction

Le plan Vision 2030, lancé par le prince héritier Mohammed bin Salman en janvier 2016, a donné une forte impulsion aux activités culturelles et artistiques qui se multiplient à travers le Royaume, en parallèle du programme de réformes économiques et sociales. Offrir plus de divertissement aux Saoudien(ne)s est l’un des objectifs majeurs du plan Vision 2030, dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 25 ans.

 

Sport dans le désert – Source : Reuters

Une nette évolution en faveur du divertissement et de la culture depuis 2016, pour répondre aux besoins de la nouvelle société saoudienne en termes de loisirs

L’Arabie saoudite a choisi de développer fortement le secteur du divertissement à travers le plan Vision 2030, avec la volonté de faire passer de 2,9% à 6% les dépenses moyennes des ménages du Royaume dans les activités liées à la culture et au divertissement.

Le gouvernement saoudien a ainsi annoncé le lancement et le financement d’un programme national baptisé « Daem », visant à améliorer l’offre d’activités culturelles et de divertissements à travers le pays, mais aussi à simplifier la création et l’enregistrement des clubs amateurs, sociaux et culturels. Ce programme créera un réseau national regroupant ces clubs, encouragera l’échange de connaissances et d’expériences internationales et favorisera l’évolution des mentalités concernant les activités de loisirs.

D’ici à 2020, l’objectif est d’atteindre le chiffre de 450 clubs amateurs enregistrés et organisés de manière professionnelle, offrant une grande variété d’activités culturelles et d’événements de divertissement.

D’ores et déjà, une nette évolution est perceptible au sein du Royaume. Dès octobre 2016, plusieurs centaines de Saoudiens ou Saoudiennes, pour la plupart des jeunes, ont assisté ensemble à un spectacle de hip-hop à Riyad, dans l’amphithéâtre de l’université Princesse Noura bent Abdelrahman, un campus au cœur de la capitale saoudienne, habituellement réservé aux étudiantes. C’est la compagnie de danse hip-hop iLuminate, originaire de New-York qui était venue assurer ce spectacle, les danseurs étant vêtus de costumes lumineux dans le noir. Devant le succès de l’événement, la directrice d’iLuminate, Miral Kotb, s’était déclarée honorée d’apporter « un tel type d’art à cette culture différente » avant d’ajouter : « cela représente l’un des meilleurs [spectacles] que nous ayons donnés et nous nous sommes pourtant produits partout dans le monde. Nous avons pu ressentir l’amour, l’énergie et l’excitation ici à Riyad ». En tout, ce sont 6 spectacles que le groupe iLuminate a donnés à Riyad, devant des centaines de personnes, avant de poursuivre leur voyage vers Djeddah, la capitale économique et culturelle du Royaume.

Autre symbole de cette volonté politique de donner une meilleure place à la culture et au divertissement : la mise en place de l’Autorité Générale du Divertissement (General Entertainment Authority), organisme public composé d’une dizaine de membres, dont Lama Al-Sulaiman, une femme progressiste et l’une des premières Saoudiennes engagées en politique. Courant 2016, l’ancien président de cette instance, Amr Al-Madani, avait déclaré que « cette année [serait] celle du divertissement » dans une interview donnée au site d’information Al Arabiya.

 

Au-delà du spectacle de hip-hop d’iLuminate, d’autres événements culturels et artistiques ont été récemment programmés :

  •  Du catch avec la célèbre compétition « WWE Wrestling », en 2015 et 2016,
  •  Des représentations musicales du show télévisé « Arabs Got Talent »,
  •  L’ouverture d’une station de ski couverte et artificielle, à Riyad, en juillet 2016,
  •  Une édition de la compétition de sport automobile « Monster Jam », en 2017,  
  •  Le concert pop de l’artiste saoudien Mohammed Abdu, à Djeddah et Riyad, entre février et mars 2017,
  •  Une édition de la compétition de sport automobile « Monster Jam », en 2017.

 

L’organisation du premier festival « Comic Con » à Djeddah en février 2017, avec le soutien du gouvernement en place, démontre également l’évolution en cours : durant cet événement mixte, jeunes Saoudiens et Saoudiennes ont pu se croiser sous les tentes d’exposition, autour des stands consacrés aux bandes dessinées et aux jeux vidéos. Une scène assez nouvelle et remarquable pour être soulignée, dans un pays où la ségrégation sexuelle est encore imposée dans de nombreux espaces publics.

Cette nouvelle approche saoudienne en matière d’échange culturel et de divertissement a reçu un excellent accueil de la part de la population saoudienne, mais aussi les félicitations de nombreuses personnalités résidant en Arabie saoudite, comme Simon Collins, ambassadeur du Royaume-Uni. Ce dernier a ainsi déclaré publiquement, à l’issue du spectacle d’iLuminate en octobre 2016 à Riyad, qu’il s’agissait « d’un développement très positif pour les jeunes [qui] va générer des revenus et créer des emplois. Les gens seront plus heureux ».

Un projet phare : une gigantesque cité du spectacle et du divertissement verra le jour au sud-ouest de Riyad, d’ici 2022

Dans la continuité de cette politique de modernisation et d’ouverture, l’Arabie saoudite a annoncé au début du mois d’avril 2017 la construction d’une gigantesque cité de divertissements, au sud-ouest de Riyad. L’objectif est tout autant d’offrir de nouveaux lieux de divertissement à la jeunesse saoudienne que de développer le tourisme dans ce secteur.

À l’occasion de cette annonce, le prince héritier Mohammed bin Salman a lui-même présenté ce grand projet qui doit permettre à l’Arabie saoudite d’entrer dans une nouvelle ère en matière de culture et de divertissement, en évoquant « la plus grande ville culturelle, sportive et de divertissement du royaume (…) Considérée comme unique en son genre dans le monde, elle aura une superficie de 334 km² »… soit environ trois fois celle d’une ville comme Paris ! Les travaux de ce chantier colossal débuteront en 2018, pour une ouverture prévue pour la période 2020-2022.

Cette capitale du divertissement offrira de nombreuses activités : on y trouvera notamment un parcours de safari et un gigantesque parc d’attractions, mais également des complexes sportifs et des institutions culturelles.

Si la création de cette ville nouvelle dédiée à la culture et au divertissement est un des symboles forts de cette politique engagée par l‘Arabie saoudite sous l’impulsion du prince héritier Mohammed bin Salman, d’autres actions importantes sont engagées dans le même domaine telles que le développement du secteur sportif à travers tout le pays, avec la création d’un Fonds pour le Développement des Sports en novembre 2016 (annoncé par l’Autorité Générale des Sports) et la formation d’un comité chargé de mener à bien la privatisation des clubs de sports participant aux différents championnats professionnels d’Arabie saoudite. Depuis février 2016, les autorités du Royaume ont également accordé des licences pour les gymnases féminins.

Développer le secteur du divertissement en Arabie saoudite : une volonté politique doublée d’une véritable vision économique

Le prince héritier Mohammed bin Salman a personnellement décrit la nécessité pour le Royaume de se développer dans ce domaine : « Nous considérons la culture et le divertissement indispensables à notre qualité de vie. Nous sommes conscients que les opportunités actuellement offertes en matière de culture et de divertissement ne reflètent pas les aspirations croissantes de nos citoyens et de nos résidents, ainsi que notre niveau de développement économique. Dans les prochaines années, l’Arabie saoudite cherchera à offrir une grande variété d’activités culturelles (avec notamment des lieux dédiés tels que les bibliothèques, les galeries et les musées) ainsi que de nouvelles possibilités de divertissements adaptées aux goûts et aux préférences de la population saoudienne. Le développement de ce secteur contribuera également à la transformation et à la diversification de notre économie, en se traduisant par de nombreuses créations d’emplois ».

Développer le secteur du divertissement, du sport et de la culture en Arabie saoudite répond en effet autant à une volonté politique progressiste qu’à un impératif pour accélérer la diversification économique, une priorité du plan Vision 2030.  

Le raisonnement des dirigeants saoudiens est simple : créer un secteur performant et dynamique en matière de divertissement, de sport, de culture et de tourisme permettrait de capter une partie des 22 milliards de dollars (USD) que les Saoudiens dépensent à l’étranger, chaque année, dans ces différents domaines. Voire d’attirer une nouvelle population de touristes et de voyageurs, amateurs de culture et de divertissements, dans un environnement aussi dépaysant que celui de l’Arabie saoudite.

Par ailleurs, selon les chiffres de l’Autorité Générale du Divertissement, en moyenne, chaque riyal investi dans le secteur du divertissement ou de l’événementiel en Arabie saoudite générerait le double de revenus. Et les projections sont particulièrement positives : d’après la même source, le nombre de visiteurs des événements parrainés par l’Autorité Générale du Divertissement dans 21 villes à travers le Royaume a très fortement augmenté, passant de 34 000 en octobre 2016 à plus de 2,3 millions à la fin du mois d’avril 2017.

Le secteur du divertissement représente également un gisement d’emplois considérable pour l’économie saoudienne, et notamment sa jeunesse : depuis la création de l’Autorité Générale du Divertissement et l’organisation des premiers événements soutenus par cet organisme public, 20 000 emplois ont ainsi été créés.

L’Autorité Générale du Divertissement se retrouve d’ailleurs au coeur de la stratégie insufflée par le plan Vision 2030, car elle soutient à la fois les efforts du secteur privé et des organisations à but non lucratif, mais aussi les régions et les administrations locales pour toutes les organisations d’événements culturels ou artistiques. Son objectif est également  de développer des centres de divertissement à travers tout le Royaume, des lieux où les citoyens et les résidents pourront mettre en pratique leurs capacités et leurs talents. Enfin, l’Autorité Générale du Divertissement encourage et accompagne les investissements (nationaux ou étrangers) et le développement de partenariats avec des grands groupes internationaux, spécialisés dans le secteur du divertissement ou de la culture.

« Nous voulons changer la culture du Royaume au sujet du divertissement » a très symboliquement déclaré Ahmed Al-Khatib, le nouveau président de l’Autorité Générale de Divertissement, un ancien banquier qui a pris la succession d’Amr Al-Madani, en précisant que son objectif à court terme était d’offrir « six possibilités de divertissement chaque weekend, pour les Saoudiens et les Saoudiennes, à travers tout le pays ».

 

Sources :