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Dossier

Quelles sont les origines de la guerre au Yémen ?

Introduction

Pour comprendre la situation actuelle au Yémen, il est indispensable de mieux connaître l’histoire récente du pays ainsi que le rôle tenu par l’Arabie saoudite dans la région du Golfe. Face aux agressions répétées de mouvements terroristes et rebelles, dont certains sont soutenus par l’Iran, l’Arabie saoudite mène en effet depuis plusieurs années la coalition des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) afin d’assurer la souveraineté du gouvernement légitimement élu du Yémen. L’objectif de l’Arabie saoudite est également de repousser l’avancée d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique, source de menaces et déstabilisations à l’international. C’est donc pour protéger sa souveraineté et sa sécurité, et celles de ses voisins, que l’Arabie saoudite est intervenue au Yémen, en s’engageant à protéger au maximum les populations civiles victimes de ce conflit.

L’Etat yéménite, grandement affaibli par les Houtistes

Le conflit actuel au Yémen provoque des pénuries en eau, comme ici à Sanaa, en mai 2015 – Source : Wikipédia

Le Yémen, pays situé au sud-ouest de la péninsule arabique et qui compte environ 27 millions d’habitants, est le théâtre d’un violent conflit depuis plusieurs années, et particulièrement depuis la période 2014-2015.

Pour remonter aux racines de ce conflit, il faut comprendre l’histoire du jeune pays qu’est le Yémen : sous sa forme actuelle, la République du Yémen naît en 1990, après la fusion en seul Etat de la République Arabe du Yémen (aussi appelée Yémen du Nord) et la République Démocratique Populaire du Yémen (aussi appelée Yémen du Sud).

Sanaa devient alors la capitale de ce jeune Etat, qui peine à imposer un véritable contrôle sur l’ensemble de son territoire, entre les revendications sécessionnistes du sud et la rébellion armée menée par la famille Al Houthi au nord du pays. Les partisans de ce mouvement rebelle créé en 1994 sont appelés les Houthistes, en référence au nom de famille de leurs fondateurs, Hussein Al-Houthi et ses frères. Les Houthistes sont très majoritairement de confession zaïdite, une branche minoritaire de l’Islam chiite qui représente environ 42% de la population yéménite. Ce mouvement rebelle justifie ses actions armées en se disant marginalisé politiquement et en réclamant plus d’autonomie pour la région nord du Yémen où se situe le fief de la famille Al-Houthi.

Plus généralement, l’autorité défaillante de l’Etat yéménite et l’extrême pauvreté que connaît le pays forment un terreau favorable aux manœuvres de déstabilisation menées depuis l’étranger, notamment par l’Iran. Ce climat favorise aussi l’installation de mouvements terroristes au Yémen, comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique et plus récemment l’Etat Islamique.

En entretenant continuellement des troubles et en menant plusieurs insurrections successives depuis 1994, les Houthistes ont grandement contribué à affaiblir l’Etat, son autorité et son organisation sur l’ensemble du territoire du Yémen.

Un plan de sortie de crise mené par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et l’Arabie Saoudite

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) réunis lors d’une série de rencontres à Manama, au Bahreïn – Source : Wikipédia

En 2011, au cours des Printemps arabes, un mouvement de contestation de grande ampleur, suivi d’une révolution populaire, provoque le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1990. Un plan de sortie de crise, mené par le Conseil de Coopération du Golfe et notamment l’Arabie saoudite, permet finalement d’instaurer une transition, puis d’organiser en février 2012 la première élection présidentielle au suffrage universel de l’histoire du Yémen, lors d’élections anticipées.

Cette élection présidentielle est remportée par Abdrabbo Mansour Hadi, officiellement élu Président de la République du Yémen avec 99,8 % des voix (et une participation de 65 %) pour un mandat transitoire de deux ans, comme prévu par le plan de sortie de crise. Son mandat a principalement pour but de ramener la paix sur l’ensemble du territoire, en assurant une transition politique concertée et la rédaction d’une nouvelle constitution pour la République du Yémen. Mais rapidement, les discussions autour du futur découpage du pays sur un modèle fédéral suscitent tensions et mécontentements, notamment chez les Houthistes, qui contestent toujours l’autorité de l’Etat.

Le président légitime poussé à la fuite par la violence de la rébellion houtiste

Scène de destruction après des combats au Yémen – Source : Wikipédia

Au début de l’année 2014, soutenus par l’Iran chiite et le Hezbollah libanais, mais aussi par d’anciens militaires proches de l’ex-président Saleh, les rebelles Houthistes lance une offensive militaire concertée vers la façade ouest du littoral du Yémen, afin d’obtenir un accès à la mer. Après cette première agression, cette rébellion armée poursuit sa progression vers le sud en se présentant comme la protectrice des déshérités, afin de s’attirer les sympathies d’une partie de la population yéménite. En réalité, alors que la minorité chiite a plutôt tendance à soutenir les Houthis, la grande majorité de la population yéménite continue de soutenir le président Abdrabbo Mansour Hadi, élu et reconnu par la communauté internationale. De nombreuses manifestations populaires ont ainsi réclamé l’arrêt des violences et la fin de l’ingérence étrangère, notamment iranienne.

En septembre 2014, les Houthistes parviennent à s’emparer de Sanaa, la capitale du pays, avant de prendre le pouvoir par la force en janvier 2015.

Devant ce coup de force et la violence exercée par la rébellion Houthiste, le président Abdrabbo Mansour Hadi fuit vers le sud du Yémen en février 2015. Ses adversaires profitent de l’occasion pour continuer leur progression vers le sud et prennent la ville de Taëz, avant de se diriger vers Aden, port stratégique contrôlant l’accès à la Mer Rouge et l’Océan Indien. Les Houthistes contrôlent alors tout l’ouest du pays, la partie la plus peuplée du Yémen.

Cette offensive sur Aden provoque la fuite du président Abdrabbo Mansour Hadi, légitimement élu et reconnu par la communauté internationale, vers Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, le 25 mars 2015.

Face à l’échec des efforts diplomatiques, une coalition de pays arabes lance l’opération
« Tempête Décisive »

Soldats saoudien et émirati, mobilisés pour l’opération « Tempête Décisive » – Source : Wikipédia

Face à la crise politique et la déstabilisation totale subies par le Yémen, et à la demande du gouvernement yéménite en fuite, l’Arabie saoudite choisit de réagir en déclenchant, le 26 mars 2015, l’opération “Tempête Décisive”. Celle-ci est menée par une large coalition de pays arabes : Arabie saoudite, Égypte, Jordanie, Soudan, Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn, Qatar et Maroc.

Pour la communauté internationale, cette opération militaire est justifiée car malgré les efforts diplomatiques répétés de l’Arabie saoudite et de ses alliés, les Houthis ont continuellement cherché à redessiner unilatéralement les limites internes du Yémen en leur faveur. Les attaques répétées des rebelles Houthis en 2014 et 2015 (notamment à l’encontre des populations civiles, yéménites comme saoudiennes) ont naturellement poussé le gouvernement du Yémen à demander l’intervention de l’Arabie saoudite.

Le but de cette intervention répond à une série d’objectifs politiques, sécuritaires et humanitaires, partagée par les 9 pays membres de la coalition :

  • assurer la stabilité de la région ;
  • limiter la violence et éviter un coup d’Etat par les milices armées dont les Houthistes ;
  • assurer un soutien humanitaire aux populations civiles et une assistance militaire au gouvernement légitime du Yémen ;
  • sécuriser la frontière sud de l’Arabie saoudite, visée par des attaques rebelles et terroristes ;
  • empêcher l’installation durable de mouvements terroristes islamistes, comme l’Etat Islamique ou Al-Qaïda, sur le territoire du Yémen.
  • La coalition saoudienne est intervenue en se reposant sur le principe d’autodéfense figurant dans l’article 51 de la Charte de l’ONU.

Face aux violences perpétrées par les milices Houthis, qui menaçaient de prendre la ville d’Aden et de s’en prendre à l’intégrité physique du président élu Abdrabbo Mansour Hadi, le fait que l’Arabie saoudite ait décidé d’intervenir militairement est d’ailleurs considéré comme tout à fait exceptionnel par de nombreux experts comme Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro. La présence croissante de combattants de l’Etat Islamique et d’Al-Qaïda au Yémen a également motivé l’intervention de l’Arabie saoudite, qui ne veut pas voir ce pays livré aux extrémistes chiites ou sunnites.

 

Sources: