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L’Arabie saoudite et ses alliés imposent un « blocus » au Qatar

Introduction

En dépit des accusations de Doha, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et le Bahreïn n’entravent ni l’accès au Qatar ni son approvisionnement par voie aérienne et maritime depuis d’autres pays. Les restrictions de survol de leurs espaces aériens et la suspension de leurs relations commerciales et financières avec le Qatar sont, elles, conformes à l’exercice de leur souveraineté.

 

Drapeau du Qatar – Source : Wikipedia

La suspension des relations diplomatiques est un acte légitime et souverain

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et le Bahreïn ont décidé de suspendre leurs liens diplomatiques avec le Qatar le 5 juin dernier, afin de protester contre les relations qu’entretient Doha avec cinquante-neuf personnalités et douze mouvements liés à la violence terroriste, notamment aux Frères musulmans, à l’organisation Etat islamique et à Al-Qaïda.

Ces relations troubles sont une violation directe des engagements pris par Doha pour maintenir la paix et la sécurité dans la péninsule arabique et au Moyen-Orient. Le 23 novembre 2013, le Qatar et les autres Etats du Golfe avaient conclu un accord s’engageant, entre autres, à ne fournir aucun soutien politique ou financier à des groupes menaçant la stabilité de la région.

Dès mars 2014, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn avaient pu constater le non-respect de l’accord par le Qatar. Les trois Etats avaient alors rappelé leurs ambassadeurs à Doha en signe de protestation. La suspension des liens diplomatiques est une conséquence du refus par Doha d’appliquer strictement ses engagements, pourtant vitaux pour les intérêts de la région.

Le boycott ne correspond pas à la définition couramment admise du blocus

La suspension des liaisons commerciales et financières de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de l’Egypte et du Bahreïn vers le Qatar et la fermeture de leurs espaces aériens aux compagnies qataries ne constituent pas un blocus en matière de droit international.

Le terme de blocus désigne couramment l’occupation militaire d’une zone géographique dans le but d’interrompre les liaisons de communication ou de ravitaillement d’un autre pays. Dans ce cadre, les restrictions mises en place s’étendent aux ressortissants des Etats tiers.

De fait, la notion de blocus diffère de celles « d’embargo » et de « sanctions » qui ne se traduisent pas nécessairement par une occupation militaire, ni par l’exercice de mesures coercitives à l’égard des ressortissants d’Etats tiers. Ces deux actions ne constituent pas des actes de guerre à la différence du blocus mais relèvent de l’exercice de la souveraineté des Etats dans la conduite de leurs relations internationales.

Au regard de cette définition, les actions mises en place par l’Arabie saoudite et ses alliés ne constituent pas un blocus dans la mesure où celles-ci ne se traduisent pas par une occupation militaire et que ces mesures ne s’étendent pas aux ressortissants d’autres Etats. Les ports et aéroports qataris restent ainsi ouverts aux importations venues de l’étranger.

Les discours tendant à présenter la décision de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de l’Egypte et du Bahreïn comme un blocus relèvent d’une volonté délibérée de dramatiser à outrance la suspension des relations internationales. La rupture des liaisons commerciales et financières avec Doha ne correspond pas à la définition d’un blocus, mais à l’application de sanctions ciblées à l’encontre d’un Etat qui n’a pas respecté ses engagements et menace la paix et la stabilité de la région et au-delà.

 

Sources :