Arabie Saoudite Info

Le premier site officiel de fact checking sur l'Arabie Saoudite

Faux

L’Arabie saoudite a contribué au financement de la campagne d’Emmanuel Macron

Introduction

Alors que la présidentielle française bat son plein, le candidat Emmanuel Macron est accusé d’avoir fait financer près d’un tiers de sa campagne par l’Arabie saoudite. L’article à l’origine du scandale, largement relayé sur internet notamment par les réseaux d’extrême-droite, est en réalité publié sur un faux site d’information (lesoir.info) se faisant passer pour le média belge lesoir.be, et son contenu est entièrement mensonger.

 

L’Arabie saoudite n’a absolument pas financé la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron – Source : Flickr

Une « fake news » issue d’un site falsifiant le portail d’un média belge

Le 2 mars 2017, le site lesoir.info publie un article intitulé « Emmanuel Macron, candidat préféré de l’Arabie saoudite à l’élection présidentielle« , prétendant que le Royaume aurait financé « plus de 30% de [la] campagne […] pour l’élection présidentielle 2017 » de celui qui est aujourd’hui à la tête de l’Etat français. L’information, prétendument issue de l’AFP (Agence France Presse), est largement relayée sur internet par les soutiens des candidats concurrents d’Emmanuel Macron, à commencer par Marion Maréchal-Le Pen, nièce de la candidate FN Marine Le Pen et députée du Vaucluse, ainsi que par différents sites d’extrême droite à l’instar de Fdesouche. Pourtant, la source comme le contenu de l’article relèvent de procédés volontairement trompeurs, décryptés par CrossCheck, plateforme collaborative de fact-checking lancé en février 2017.

En effet, lesoir.info imite la mise en page, identité graphique et l’URL du site belge lesoir.be, avec pour objectif de tromper le public sur leur fiabilité en tant que source d’informations. Ainsi, de nombreux internautes relaient l’article sur les réseaux sociaux en l’associant au média victime du leurre, l’obligeant à prendre la parole pour nier toute connexion avec le site imposteur. En outre, l’Agence France Presse réfute avoir enquêté sur cette affaire et être à l’origine d’une telle dépêche. Enfin, Philippe Close, politique belge présenté comme la source de ces révélations, dément sur Twitter l’intégralité de ces allégations.

Des financements de campagne strictement encadrés, excluant les Etats étrangers

La législation française fixe des règles particulièrement strictes en ce qui concerne le financement de campagnes politiques d’origine privée. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) se charge ensuite de contrôler le respect de ce cadre légal, en se basant sur le compte de campagne tenu par le candidat, retraçant l’ensemble des recettes et dépenses engagées dans l’année précédant le scrutin. Dans le cadre de la présidentielle, seuls les dons des personnes physiques ainsi que les contributions de partis politiques sont autorisés. Les dons ou contributions matérielles issus de toutes autres personnes morales, notamment d’Etats étrangers, sont donc complètement interdits. De plus, les dons de particuliers à un parti ne peuvent dépasser 7 500 euros par an, auxquels s’ajoutent 4 600 euros maximum en période électorale. Les candidats doivent donc bien souvent compléter les fonds ainsi collectés à l’aide d’emprunts bancaires. Dans le cas d’Emmanuel Macron, une campagne active de fundraising lui aurait permis de collecter une somme estimée à 7 millions d’euros auprès de particuliers, tandis qu’il parvient à obtenir un prêt bancaire de 8 millions d’euros pour sa campagne de premier tour.

 

Sources :