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Faux

L’Arabie saoudite est impliquée dans les attentats du 11 septembre 2001

Introduction

Les attentats perpétrés sur le sol américain le 11 septembre 2001 par Al-Qaïda ont suscité de nombreuses interrogations sur leur mode opératoire et leur exécution. L’origine saoudienne de plusieurs pirates de l’air, de membres et de sympathisants du groupe terroriste a suscité des interrogations quant à la responsabilité de Riyad. Celle-ci a été écartée par les enquêtes officielles. Elle est également démentie par la réalité des liens diplomatiques entre le Royaume saoudien et les Etats-Unis et par la lutte de longue date menée par l’Arabie saoudite contre le terrorisme.

 

Le mémorial lumineux du World Trade Center en 2004 – Source : Wikipédia

La responsabilité de l’Arabie saoudite a été écartée par l’enquête officielle du Congrès des Etats-Unis

Le Roi Fahd ben Abdelaziz Al Saoud a fermement condamné les attaques terroristes du 11 septembre 2001. Pleinement concerné par la question du terrorisme, qui menace le pays depuis l’attaque de la Mosquée Al-Masjid al-Haram à la Mecque en 1979, le Royaume saoudien est un adversaire résolu de la violence terroriste partout dans le monde.

La manière dont les attentats du 11 septembre ont été planifiés et exécutés a fait l’objet de nombreuses interrogations dans l’opinion publique mondiale. De nombreuses enquêtes officielles ont été menées afin d’y répondre, notamment en ce qui concerne les soutiens dont les terroristes ont pu bénéficier dans la préparation des attaques. Mettant en avant la nationalité saoudienne de quinze des dix-neuf pirates de l’air, de membres actifs d’Al-Qaïda et de sympathisants du groupe terroriste (pourtant souvent recherchés dans leur pays d’origine), des campagnes de dénigrement et des théories complotistes ont avancé sans fondement une implication de l’Arabie saoudite.

Pour y répondre définitivement, le Royaume saoudien a demandé en juillet 2016 la dé-classification de 28 pages confidentielles tirées d’un rapport au Congrès américain de 2002 sur les responsabilités du 11 septembre. L’enquête, menée par les services de renseignement américain, a établi définitivement que ni le gouvernement d’Arabie saoudite ni aucun officiel saoudien n’avait soutenu ou encouragé les attentats.

Le Royaume saoudien, ennemi de longue date d’Al Qaïda

L’origine saoudienne d’Oussama Ben Laden n’est en rien la preuve d’une implication à quelque niveau que ce soit de l’Arabie saoudite dans les activités du groupe terroriste Al-Qaïda. Dès son retour d’Afghanistan au début des années 1990, Oussama Ben Laden se pose en critique véhément du Royaume saoudien. Lors de l’invasion du Koweït, il reproche ainsi aux plus hautes autorités du pays de privilégier son alliance historique avec les Etats-Unis à la mobilisation de milices d’Al-Qaïda pour défendre l’Arabie saoudite d’une attaque irakienne. En 1991, Oussama Ben Laden quitte le pays pour le Soudan, d’où il continue de critiquer les liens qui unissent Riyad et Washington et planifie ses premiers attentats en s’associant à d’autres groupes terroristes. Il est interdit de séjour en Arabie saoudite en 1992 et privé de sa nationalité saoudienne en avril 1994.

Par la suite, l’Arabie saoudite n’est pas épargnée par la violence terroriste du groupe Al Qaïda. De fortes présomptions pèsent sur le rôle de l’organisation terroriste dans l’attaque ciblant les troupes américaines déployées dans le pays le 25 juillet 1996 à Khobar. En 2003, deux séries d’attentats perpétrés par Al-Qaïda en mai et en novembre dans des quartiers résidentiels à Riyad font plusieurs dizaines de victimes et plusieurs centaines de blessés. Le 28 mai 2004, le groupe terroriste mène une prise d’otage à Khobar dans un immeuble d’habitation qui a fait vingt-huit morts. En 2012, deux gardes-frontières saoudiens sont tués dans une embuscade planifiée par Al-Qaïda.

Le pays est en réalité une cible de première importance des organisations terroristes. Le Global Terrorism Index de 2016 (The Institute for Economics and Peace, Washington DC) rapporte au sujet de l’année 2015 : « C’est le plus haut niveau de terrorisme que l’Arabie saoudite a connu depuis 2000. Il y a eu plus de personnes qui ont été victimes du terrorisme en 2015 en Arabie saoudite qu’au cours des 11 dernières années ».  

Tim Lister, expert de la chaîne CNN sur le Moyen-Orient déclare que « si l’EI compte beaucoup de combattants saoudiens dans ses rangs c’est qu’ils estiment que la monarchie saoudienne a trahi les préceptes de l’islam et détruit la culture saoudienne», notamment par sa politique d’ouverture à l’Occident et sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Un schisme très clair apparaît donc entre les religieux fanatiques saoudiens et le gouvernement.

Focus

L’Arabie saoudite, un allié historique des Etats-Unis               

La relation entre le Royaume saoudien et les Etats-Unis remonte à l’accord du Quincy du 14 février 1945, conclu entre le roi Abdelaziz Ben Abderrahman Al Saoud, fondateur de l’Arabie saoudite moderne et le président américain Franklin Roosevelt. A travers ce pacte, les deux pays reconnaissent leurs intérêts communs dans le maintien de la stabilité de la Péninsule Arabique et du Royaume saoudien, en faveur de la paix et du développement de la région. L’accord pose également les bases d’une coopération privilégiée entre les deux pays en matière commerciale. Au fil des années, Riyad et Washington sont également devenus des partenaires de premier plan dans la lutte contre le terrorisme international. Conclu à l’origine pour une durée de soixante ans, l’accord a été renouvelé en 2005 par le Président américain Georges W. Bush. A propos de cette alliance, le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Jubeir déclare : « Je pense qu’il n’y a jamais eu de collaboration aussi étroite entre deux pays en matière de lutte contre le terrorisme, en particulier Daech, que celle en cours entre le royaume d’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Cela dure depuis de nombreuses années. Nous continuons d’accroître nos efforts » (23 mars 2017). En février 2017, le ministre des Affaires étrangères Adel bin Ahmed Al-Jubeir déclarait à un journal allemand que le royaume était « prêt à envoyer des troupes au sol » pour combattre Daech en Syrie aux côtés des États- Unis, si ces derniers menaient une coalition contre le terrorisme dans le pays.

Sources :