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Vrai

Les femmes en visite en Arabie saoudite ne sont pas tenues de porter le voile

Introduction

Michelle Obama, Angela Merkel ou plus récemment Theresa May et Melania Trump : nombreuses sont les femmes en visite officielle en Arabie saoudite à avoir attiré l’attention des médias pour ne pas avoir porté le voile. Cependant, aucune loi n’impose aux femmes étrangères invitées par le Royaume de se couvrir les cheveux.

 

Melania Trump lors de la visite officielle de Donald Trump en mai 2017 – Source : Reuters.

Les femmes étrangères n’ont aucune obligation de porter le voile en Arabie saoudite

Ni la loi saoudienne, ni le protocole n’imposent aux invitées étrangères de porter le voile islamique, en dehors des lieux sacrés, lorsqu’elles se rendent en Arabie saoudite. Peu de temps avant la venue du couple présidentiel américain à Riyad en mai 2017, le ministre des Affaires étrangères Adel ben Ahmed Al-Jubeir avait d’ailleurs assuré que « n’importe quel style vestimentaire [serait] le bienvenu« . Si les vêtements arborés par les femmes en visite officielle au sein du Royaume sont à chaque fois examinés par la presse, nombre d’entre elles ont déjà fait le choix par le passé de se rendre sur le sol saoudien tête nue, et ce depuis plus de dix ans, à l’instar de Laura Bush en 2007.

 

Laura Bush en visite en Arabie saoudite en 2007 – Source : archives de la Maison Blanche

Si un certain tollé médiatique de la part des journaux occidentaux se produit à chacun de ces épisodes, ils n’ont en réalité que très peu de répercussions en Arabie saoudite et soulèvent peu de critiques dans le pays. En effet, suite à la venue de Michelle Obama en 2015, rappelons que seuls 1 500 tweets désapprobateurs avaient été postés et qu’ils n’avaient guère rencontré de succès. Ce chiffre est d’autant plus dérisoire lorsque l’on sait que le pays compte l’un des taux d’utilisateurs les plus élevés au monde avec 5 millions de comptes sur 28 millions d’habitants.

Une dynamique de progrès social impulsée par le pouvoir saoudien

L’attitude des femmes politiques occidentales se rendant en Arabie saoudite s’inscrit dans un mouvement général de progrès des droits des femmes dans le pays, initié par le pouvoir royal. L’obligation de se couvrir les cheveux en public est contrôlée par la « Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice » ou « Mutawa », chargée d’assurer l’application des préceptes du wahhabisme dans le Royaume. Or, en avril 2016, le gouvernement saoudien du roi Salman bin Adelaziz Al Saoud décide de réduire drastiquement les prérogatives de cette police religieuse, désormais limitée à conseiller de manière « courtoise et humaine » les Saoudiennes et les Saoudiens, pouvant éventuellement mener à de simples signalements à la police civile, mais sans interpellation ou arrestation aucune – la possibilité de mener des poursuites judiciaires leur avait déjà été retirée dès 2012 par le roi Abdallah. Les membres de cette commission sont également tenus de faire preuve de « bonne conduite » afin de veiller à la sauvegarde de leur « réputation« , et de porter un badge précisant leurs noms, horaires de travail et juridiction lorsqu’ils sont en service.

Une volonté d’ouverture à la fois sociale et économique

La limitation progressive des pouvoirs et de l’influence de la Mutawa, mise en oeuvre par le roi Salman, est soutenue par le prince héritier Mohammed bin Salman. La dernière réforme des prérogatives de la police religieuse est d’ailleurs introduite au moment où ce dernier présente, en avril 2016, son programme « Vision 2030 », destiné à moderniser l’économie saoudienne en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures et en stimulant son ouverture sur l’international et le développement des énergies renouvelables, tout comme du secteur du divertissement saoudien. Vision 2030 prévoit en outre de soutenir l’éducation des femmes, représentant d’ores et déjà plus de 50% des diplômés universitaires du Royaume, afin de leur permettre de contribuer au développement économique et social du pays. La part des femmes au sein de la population active est d’ailleurs appelée à passer de 22% à 30%.

Focus

La jeunesse saoudienne, première instigatrice de l’assouplissement des codes vestimentaires

En novembre 2016, à l’occasion du salon pour la jeunesse saoudienne baptisé MiSK Global Forum, nombre de femmes avaient attiré l’attention des médias internationaux pour leur apparente décontraction à l’égard de leur habillement.

En effet, plusieurs d’entre elles avaient choisi de délaisser le niqab traditionnel pour un voile islamique ou hijab plus léger, laissant même entrevoir quelques mèches de cheveux. Certaines allaient même jusqu’à accorder ce même voile avec une abaya colorée, préférée au noir traditionnel.

Cet assouplissement des tenues féminines s’observe aujourd’hui de plus en plus dans les rues saoudiennes, où la diminution de l’implication de la police religieuse contribue à instaurer, progressivement, une plus grande liberté vestimentaire, adoptée en premier lieu par la jeune génération.

Le développement de la haute couture dans la pays est aussi un symbole de cette ouverture.  Les collections de Nouf Hakeem ou encore d’Arwa al Banawi présentent des modèles d’abayas modernes, élégantes allant pour certains modèles jusqu’à être excentriques.

 

Sources: