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Faux

Les femmes ne peuvent ni travailler, ni exercer des postes à haute responsabilité en Arabie saoudite

Introduction

De plus en plus nombreuses au sein de la population active saoudienne, les femmes occupent un nombre croissant de postes à responsabilité en Arabie saoudite. En effet, les mentalités évoluent et la volonté politique incarnée par le Plan Vision 2030 leur donne l’impulsion nécessaire pour faire davantage partie des équipes dirigeantes des entreprises. Preuve en est la nomination récente de deux femmes à la tête d’importantes institutions financières en Arabie saoudite, dont la Bourse, premier marché financier arabe.

Des femmes de plus en plus diplômées et très présentes dans le secteur public

Aujourd’hui les femmes saoudiennes sont plus nombreuses (54%) que les hommes à être diplômées des universités saoudiennes et sont 35 000 à étudier à l’étranger dans plus de 60 pays et à revenir avec un savoir-faire et une expertise à forte valeur ajoutée. 18% des femmes vivant en Arabie saoudite exercent une profession. Si entre 2010 et 2014, la proportion des femmes dans le secteur privé a été multipliée par huit (banque et vente), une grande majorité d’entre elles travaille encore dans le secteur public, essentiellement dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Vision 2030 : un tremplin pour favoriser le travail des femmes

Depuis 2010, le nombre de femmes au sein de la population active a augmenté de 48%. Avec le plan de diversification de l’économie du programme Vision 2030, lancé par le Prince héritier Mohammed bin Salman en 2016, les Saoudiennes ont plus que jamais leur place au sein des entreprises. Considéré comme un aspect essentiel de la diversification de l’économie voulue par Vision 2030, le travail des femmes est désormais de plus en plus encouragé tandis que la digitalisation progressive de l’économie contribuera à favoriser leur insertion dans la population active : travail à domicile, e-commerce, sites web, applications mobiles, etc. Le gouvernement a déjà fixé pour objectif d’augmenter de 22% à 30% la part des femmes actives. Grâce au programme de création d’emplois Bab Rizq Jameel, dont les services sont accessibles en ligne ainsi que dans les centres de recrutement et de formation présents dans tout le pays, plus de 10 000 femmes ont pu trouver un emploi au premier semestre 2017.

 

Depuis 2010, le nombre de femmes au sein de la population active saoudienne a augmenté de 48%.

La mobilisation des acteurs économiques

En mars 2017, la Ford Motor Company en Arabie saoudite a tenu son premier atelier de travail dédié exclusivement aux femmes dans les technologies. L’objectif de cette session était d’échanger sur l’impact des femmes sur l’économie saoudienne et l’importance de leur donner toutes les cartes en main pour s’imposer dans l’économie locale.

Toujours en mars 2017, le Rezidor Hotel Group a nommé, pour la première fois en Arabie saoudite, une femme, Maram Kokandi, au poste de directrice générale. Un symbole fort alors que l’Arabie saoudite souhaite faire du tourisme et de l’hôtellerie des secteurs phares de son économie.

Au-delà des actions déployées par des grandes entreprises du secteur privé qui participent largement à l’inclusion des femmes dans l’économie, des initiatives naissent régulièrement des femmes elles-mêmes. Ainsi, en avril 2016, six jeunes Saoudiennes ont lancé SnapJobs, une application mobile visant à mettre en adéquation compétences et opportunités d’emploi.

Face aux obstacles encore présents, comme les difficultés à se déplacer seules ou les responsabilités familiales, des solutions sont également développées, comme le télétravail. Le ministre du travail saoudien, Ali bin Nasser Al Ghafis, a déclaré en mars 2017 que le télétravail devrait générer plus de 140 000 emplois d’ici 2020.

Briser le plafond de verre

La route est encore longue mais la volonté existe, au sein des plus hautes instances de l’Etat saoudien, de renforcer l’empowerment des femmes dans les entreprises et notamment aux postes à haute responsabilité. Bien qu’il n’y ait pas de politique de quota pour les femmes au Moyen Orient, de nombreuses initiatives ont lieu afin de faire augmenter le nombre de femmes dans les conseils d’administration et de renforcer ainsi la mixité en entreprise. Parmi ces initiatives se trouvent : la fixation d’objectifs volontaires, la transparence dans les nominations d’administrateurs, la mise en œuvre de quotas, etc. Le pays prend conscience petit à petit de la richesse que peut apporter la mixité dans les entreprises.

La nomination, notamment, de Sarah Al Suhaimi à la présidence de la Bourse, poste hautement stratégique, celle de Rania Mahmoud Nashar à la présidence du Samba Financial Group, l’une des banques les plus importantes du Moyen-Orient, ou encore le succès de Bayan Mahmoud Al Zahran, première Saoudienne à avoir créé un cabinet d’avocat qui emploie uniquement des femmes, sont des symboles importants. Ils témoignent d’un tournant historique au sein du Royaume.

Signe de ces évolutions positives et pour les encourager, l’Arabie saoudite est récemment devenue membre de la Commission de la condition de la femme à l’ONU.

 

Muna AbuSulayman, membre de plusieurs associations pour promouvoir les droits des femmes en Arabie saoudite, et première femme saoudienne à avoir été Ambassadrice de bonne volonté de l’ONU.

 

Focus

 GLOWORK, Une entreprise pour les femmes

Glowork est une entreprise créée par de jeunes entrepreneurs saoudiens qui vise à renforcer l’indépendance des femmes et à accroître la mixité dans les équipes de travail.

Supportée par le ministre du travail saoudien, Glowork a développé plusieurs opportunités pour les femmes dans le secteur privé et a ouvert des postes dans les zones non urbaines avec la possibilité de travailler à distance.

Glowork a pour objectif de sécuriser 50 000 emplois pour les femmes dans les 5 prochaines années.

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Sources :