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En Arabie saoudite, l’art non-religieux est interdit ou n’existe pas

Introduction

Si l’Arabie saoudite est le berceau de l’Islam, son vaste territoire abrite également les traces et les vestiges de civilisations plus anciennes. Aujourd’hui, l’Arabie saoudite redécouvre son histoire préislamique au travers de fouilles archéologiques importantes. Mais le Royaume est aussi tourné vers le futur, en faisant de l’art moderne une porte d’ouverture sur le monde, une invitation à découvrir un pays qui est en train de se transformer sur tous les plans. 

Archéologie : les trésors insoupçonnés du désert saoudien

On connaissait de la civilisation nabatéenne la très impressionnante cité de Pétra en Jordanie, taillée dans les roches ocres d’une chaîne de montagnes au nord du Royaume hachémite. Mais d’autres vestiges existent encore le long des pistes empruntées à dos de dromadaire reliant les différentes places de commerce entre le Golfe arabique et la Mer Rouge. Ces autres joyaux archéologiques témoignent plus que jamais du dynamisme de ces antiques routes commerciales. C’est le cas de Madain Saleh (ou Madâ’in Sâlih), située au nord-ouest de l’Arabie saoudite, où se trouvent les vestiges de la cité nabatéenne d’Hégra. Premier site du pays à être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville fait l’objet de fouilles approfondies depuis près de vingt ans, notamment grâce à une collaboration archéologique franco-saoudienne.

 

Le site archéologique de Madain Saleh, en Arabie saoudite
Le site archéologique de Madain Saleh où l’on trouve les vestiges de la cité nabatéenne d’Hégra, au nord-ouest de l’Arabie saoudite.

Dans la même veine, de l’art rupestre a été découvert au nord de l’Arabie saoudite. Des dromadaires mais aussi des équidés sculptés dans la pierre ont été mis au jour dans un secteur retiré et très peu exploré du désert saoudien. Ces sculptures monumentales, vieilles de plus de 2000 ans, constituent une prouesse pour l’époque tant dans leurs proportions que dans leur réalisme. Les archéologues hésitent à se prononcer quant à leur utilité : démarcation d’une frontière, passage des caravanes ou bien lieu de culte. Les auteurs de ces sculptures représentent aussi un mystère, aucun outil n’ayant été retrouvé sur le site alors que l’érosion a effacé toutes les traces typiques des outils de taille pouvant permettre une datation précise des oeuvres.

Tout au sud de l’Arabie saoudite, ce sont des textes rédigés en alphabet arabe qui ont été découverts. Datant du Vème siècle, ces écrits pourraient relier deux périodes historiques par leur graphie intermédiaire entre le nabatéen et l’arabe. De cette manière, ces écrits pourraient être considérés comme les plus anciens textes rédigés en arabe découverts à ce jour.

Forte de ce patrimoine archéologique, l’Arabie saoudite expose la majorité des fouilles archéologiques dans son musée national, qui abrite aussi une bibliothèque nationale, ou bien dans le musée des antiquités situé à Riyad.  

L’art moderne, symbole de l’ouverture sur le monde

Au-delà de cet exceptionnel patrimoine archéologique, de plus en plus d’expressions de l’art moderne sont visibles en Arabie saoudite. Si la recherchet, la mise en valeur et la conservation des trésors archéologiques existe depuis longtemps, l’ouverture à l’art étranger et moderne est plus récente mais toute aussi présente.

Dhahran, ville du nord-est du Royaume bordant le Golfe arabique, a ainsi accueilli en 2013 une vingtaine d’oeuvres d’art moderne issues de la collection du Centre Pompidou, prêtées dans le cadre d’un partenariat entre la France et l’Arabie saoudite. Un partenariat s’inscrivant dans le cadre d’une exposition, “Couleurs pures”, et ayant pour but de préparer la construction d’un hyper-centre culturel dans la ville de Dhahran, qui verra le jour quelques années plus tard.

 

Le King Abdulaziz Center for World Culture, un méga-musée situé au nord-est de l'Arabie saoudite
Le King Abdulaziz Center for World Culture, un méga-musée situé au nord-est de l’Arabie saoudite et inauguré en 2016.

Prouesse architecturale, cet hyper-centre culturel, baptisé King Abdulaziz Center for World Culture mais aussi appelé Ithra, est une oeuvre d’art moderne à lui tout seul.

Inauguré en 2016, il abrite des expositions, une librairie, des musées, un théâtre, une galerie d’archives, dans le but de réunir les sciences et les arts. Ce projet entre dans le cadre du plan Vision 2030, l’entreprise de modernisation globale de l’Arabie saoudite lancée par le Prince héritier Mohammed bin Salman. Le centre a d’ailleurs lancé fin 2017 un concours s’adressant aux artistes d’art contemporain et qui vise à fournir une plate-forme plus large d’innovation et de créativité parmi la communauté artistique.

Le plan Vision 2030 insiste sur la promotion de la culture, qu’elle soit saoudienne ou internationale. Plus que les partenariats, l’Arabie saoudite a ouvert ses propres expositions d’art moderne où le monde entier se rencontre. “21,39” est le nom de l’exposition majeure qui a lieu chaque année à Djeddah. Baptisée d’après les coordonnées géographiques de la ville, l’exposition met à l’honneur, depuis cinq ans, l’art moderne avec le soutien notamment d’une délégation du Palais de Tokyo de Paris, qui sera commissaire de l’évènement en 2019.

D’ici à 2030, plus de 200 musée ouvriront leurs portes, les sites archéologiques ouverts au public passeront de 75 à 155 et des cinémas ouvriront leurs portes à travers tout le Royaume. Si la religion reste un élément fondateur de la société saoudienne, l’art non-religieux s’y fait sa place progressivement. L’Arabie saoudite est un pays qui ouvre aujourd’hui ses portes à l’art moderne tout en invitant le monde à découvrir ses richesses insoupçonnées.

 

Sources :